“La pensée de l’interminable est la base sur laquelle ne peut s’ériger aucun pouvoir parce qu’elle en abolit d’avance toutes les figures. Là, pas d’illusion, pas de salut, rien que la nudité d’une condition où chacun est rendu à sa responsabilité.”
Bernard Noël
La formation théâtrale souffre d’une réputation ambiguë.

On conçoit facilement que le musicien mette des années à acquérir une maîtrise de l’instrument et que le danseur mette lui aussi des années à acquérir une virtuosité du corps. De la même manière, on sait que les révolutions technologiques réclament de hauts niveaux de formation et obligent sans cesse à en suivre les évolutions.

L’acteur quant à lui parait échapper à cette conception, puisqu’il possède déjà, dès son plus jeune âge, l’usage de la parole. Son travail s’appuierait essentiellement sur des dons naturels. Seule la mise en scène, avec l’apport des nouvelles techniques, aurait les faveurs de la modernité, on le constate tous les jours ne serait-ce que sur les répartitions budgétaires des productions théâtrales: de moins en moins de temps pour interroger la pièce, pour travailler, pour chercher, pour inventer, singulièrement, collectivement

Or le théâtre nait du Vivant et s’adresse au Vivant, à l’Homme, à la Femme, à l’Histoire individuelle et collective.
Il approche les sociétés humaines dans leurs fondements, inventions, torsions, dans leurs floraisons, leurs fulgurances, leurs crimes, leurs naissances renaissances et morts.
Il met “en doute” le Couple, le Devoir, la Famille, la Religion.
Il met en jeu et en crise l’espace, le corps et le langage, l’acte de parole.


On ne peut pas former unE acteurE sans réfléchir au théâtre et sans participer à son évolution.



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